Lors d’un voyage plus approché, nous avions lié connaissance avec le capitaine des gendarmes de Notsé qui nous a emmenés dans son 4×4 direction le Bénin. Nous nous sommes à nouveau arrêtés à la fumée dans la brousse et n’avons trouvé que le fut sur le feu. « Normal, a dit le capitaine, ils ont vu arriver le panier à salade et ont pris les jambes à leur cou ! »

La petite fille de Maurice, Mathilde, est du voyage. Une fille charmante, dégourdie, délurée, d’une vingtaine d’années. Au bout de 70 km de piste chaotique, nous arrivons au poste de police avec deux ordinateurs que je dois y installer.

Au retour, Mathilde choisit de s’asseoir à l’arrière du panier à salades. Mais un épouvantable orage survient. Pourtant impossible de la faire revenir en cabine. A l’arrivée elle a deux visages : une moitié du corps, du haut en bas, rouge des éclaboussures de latérite, l’autre moitié blanche. La glaise de latérite part difficilement de la peau et nombreux ont été les jeunes noirs à vouloir la frotter ce soir là… Mais elle reste incorruptible.

Avec le capitaine : Le capitaine avait fait ses études en France et ses classes au GIGN. Inutile de dire qu’il en faut beaucoup pour le démonter. Il rit tout le temps. Un jour, ses galons nous avaient ouvert les portes de la station d’eau potable qui alimente Notsé. A la fin de la visite, le gardien nous prête sa pirogue pour un tour sur le lac. Mathilde nous accompagne.

Au beau milieu, l’eau envahit la vétuste embarcation taillée dans un tronc. Le gardien avait colmaté un trou avec une motte d’herbe qui a sauté sous le poids des passagers. Pendant que Mathilde pagayait direction la berge, nous avons écopé avec nos chaussures, « sinon les crocodiles vont nous bouffer » a dit le capitaine.

Gérard Mura – Husseren-Wesserling